escapades

Le CEPIJE soutient le projet "24 heures dûment songes"

Présentation par Déluje, poète. 

J'ai tant rêvé, j'ai tant rêvé que je ne suis plus d'ici. 

Léon-Paul Fargue

 

Qui a décrété que le PIB, cet indicateur économique qui mesure la valeur des biens et des services devait ne pas prendre en compte le rêve, cet authentique « produit intérieur brut » si précieux, si mystérieux qu'aucune peuplade, qu'aucune culture, qu'aucune civilisation n’a songé à le reléguer au rang de quantité négligeable ?

 

Aïssatou Angela Baldé et Océane Texier, deux artistes attachées au cosmopolitisme, projettent de créer 24 HEURES DÛMENT SONGES, une installation immersive issue d’une enquête sans frontières. En interrogeant in situ ou à distance des centaines de personnes dispersées sur les cinq continents, elles se donnent pour mission de recueillir non pas le « plein » mais le « vide » laissé par les rêves et la multitude de leurs échappatoires.

 

La pratique à laquelle se rattache ce projet qui traque l’informel est paradoxalement celle de la sculpture. On sait que cette technique recourt volontiers aux moulages qui, une fois assemblés et chargés de matière, permettent de donner à voir la forme conçue par le sculpteur. Plus qu’un simple outil de production, le moulage interroge le vide, l’art du vide. Le projet respecte cet usage du fait qu’il prend appui sur ce qui manque. Sur ce qui fait de nous des rêveurs dépossédés de leurs rêves. Car tel un funambule, tout rêveur est incapable de reconstituer avec précision le « fil » du songe qu’il vient d’accomplir.

 

N’en déplaise aux traders travestis en troublions, chaque rêve nous introduit dans la lassitude d’une vie organisée autour de la capitalisation. Chaque rêve est une leçon énigmatique et émancipatrice du désir de posséder. Ainsi, l’Homme en rêvant s’évade, se distancie et danse par-delà la valeur et la hiérarchie prétendues des choses.

 

C’est cette insoumission, cette insubordination, qui intéresse les concepteurs du projet : le rêve est insaisissable mais cela ne l’empêche pas d’être ressassé sans cesse sous de nouvelles formes qui attestent sa permanence à travers ses métamorphoses.

 

Alors, que faire, que dire ? A cette question les deux auteurs répondent : surtout pas une théorie, parce que cela serait une dissipation de plus. C’est pour cette raison que nos deux protagonistes s’engagent dans une exploration dont la passion est à coup sûr la boussole.

 

Si ce projet vous intéresse, si vous connaissez des personnes susceptibles d'être intéressées, si vous souhaitez coopérer d'une façon ou d'une autre, le CEPIJE vous invite à adresser un message à aissatou@aabalde.com